Place des Martyrs : Le Bourg
Martyrs et victimes des Guerres de Vendée par famille dans le Bourg.
JEAN AUGER 24 ans RV027 – 27- Né le 25 mars 1769 à Saint-Fulgent. Fils de Michel Auger et de Marie Thomazeau. Habitant à Chavagnes-en-Paillers. Fait prisonnier, soit à une des deux premières batailles de Luçon, soit au Pont-Charron le 25 juillet 1793, il est conduit dans les prisons de La Rochelle. Avant qu’il ait été entendu et que la commission militaire locale ait statué sur son sort, il meurt le 8 novembre suivant à 24 ans, à l’hôpital de la tour Saint-Nicolas. Rig.
JEANNE BROCHARD 24 ans RV060 – 60- Domestique chez M. de Rorthays à Montaigu (morte en septembre 1793), suivit l’armée vendéenne Outre-Loire et fut prise par les hussards à une lieue du Mans : elle est sans doute morte en prison. Interrogatoire aux Archives Nationales à Paris, papiers du général Huché, W 22, daté du 27 frimaire an XI. Née le 15 janvier 1771, fille de Guillaume Brochard et Jeanne Augereau.
BENJAMIN dit CONSTANTIN BROCHARD (son frère) 20 ans RV087 – 87- Domestique laboureur; fusillé à Angers au champ des martyrs le 10 février 1794. Archives du Maine-et-Loire, 81 L 6, dossier des commissions militaires : t.1, dossier 12, folio 96. Interrogatoire sommaire avec mention sur la feuille de garde, du 22 pluviôse, fusillade. Né à Chavagnes le 16 mai 1774 (il s’est rajeuni dans son interrogatoire, ou il se donne 17 ans), fils de Guillaume Brochard, journalier puis laboureur au Bourg, et Jeanne Augereau. Il passa la Loire avec l’armée vendéenne, et fut pris par les citoyens de La Chapelle-Saint-Laurent vers la fin de janvier 1794.
LOUIS-AUGUSTE BROCHARD (son frère) 18 ans RV089 – 89- Tué à la bataille de Saint-Colombin, le 12 février 1794. Né au Bourg, le 21 novembre 1775, fils de Guillaume Brochard et Jeanne Augereau.
RENÉE CHAIGNEAU née BEGAUD 40 ans RV132 – 132- Femme de François Chaigneau, tuée au Bourg par les Républicains le 22 février 1794 (sans doute le 23). Née le 31 décembre 1754, fille de Pierre Begaud et Renée Gris, mariée le 31 janvier 1775 à François Chaigneau, affranchisseur de bestiaux.
MARIE-ANNE CHAIGNEAU (sa fille) 11 ans RV133 – 133- Tuée au Bourg par les Républicains le 23 février 1794. Registre Roger, folio 3. Née au Bourg, le 7 février 1783, fille de François Chaigneau, affranchisseur, et Renée Begaud. Sa mère a été tuée en même temps qu’elle. Pour ces deux morts, le registre Roger donne la date du 22 février.
FRANÇOIS CHEDANEAU 52 ans RV084 – 84- Bordier au Bourg, tué par les Républicains le 6 janvier 1794. Registre Roger, folio 2. Né le 29 novembre 1741, fils de François Chedaneau et Marguerite Chauvière, marié le 21 juin 1765 à Marie Comardeau. Remarié en secondes noces le 25 août 1771 à Marie-Anne Begaud.
JACQUES PHILIPPE DESAUNAY / DELAUNAY 42 ans RV088 – 88- Originaire de Chavagnes. Greffier du juge de paix de Montaigu. Insurgé qui rejoint l’armée vendéenne, participe aux différents engagements au voisinage de son domicile, puis gagne Cholet quand les forces républicaines reprennent possession du territoire insoumis. Après avoir connu, dans cette commune, la défaite le 17 octobre 1793, il suit la foule des rebelles qui courent vers la Loire et la traversent le lendemain, à Saint-Florent-le-Vieil. À partir de cette date, il s’aventure sur les chemins du Maine, de la Bretagne et de Normandie, jusqu’à Granville, avant de rebrousser chemin après l’échec du siège et de tenter un retour vers son foyer. Le revers sous les murs d’Angers le rejette sur la route de Baugé et une nouvelle errance commence par La Flèche, Le Mans, et Ancenis, le 16 décembre. Le fleuve se révélant infranchissable, il reprend une nouvelle quête de survie par Nort-sur-Erdre, Blain et Savenay. Il parvient à échapper à la déroute du 23, et reprend le chemin de son foyer, mais une nouvelle fois bloqué sur les bords de Loire, il prend le parti de se rendre au comité de surveillance d’Ingrandes, devant qui il se présente sans armes le 30. Après avoir enregistré sa soumission, Patris, Langevin et Hortode, membres du comité, lui se sont rendus. Il est interné à la citadelle. Il figure sur la liste des brigands détenus le 7 janvier 1794, dit qu’il a suivi par crainte lorsqu’on a purgé la Vendée, qu’il était cavalier et a perdu son cheval et son sabre. Considérant qu’ils ne peuvent statuer définitivement sur son jugement, le renvoient devant le comité révolutionnaire d’Angers, en compagnie de huit autres brigands, amenés par quatre gendarmes à cheval devant Morin et Vacheron, commissaires pour opérer le recensement général des prisons, en présence de Baudron, membre du comité révolutionnaire, le 20 janvier 1794. Interrogé à cinq heures de l’après-midi, il dit qu’il a passé la Loire avec les brigands à Saint-Florent, est resté avec eux jusqu’au moment de sa détention, et s’est rendu à Ingrandes. Le lendemain, il est extrait de la prison pour être lié et garrotté, conduit attaché à la chaîne, derrière le commandant de la place, François-Xavier Ménard, les tambours et la fanfare, les membres de la commission militaire, entre deux haies de hussards à cheval et de gendarmes de la 35ᵉ division, au milieu d’une foule de prisonniers, jusqu’à la Haie-aux-Bonshommes, en la commune d’Avrillé, sur la propriété du fermier Desvallois, pour y être fusillé avant d’être dépouillé.
LOUIS GABORIAU 26 ans RV080 – 80- De Chavagnes, fusillé à Savenay le 6 janvier 1794. Archives de la Loire-Atlantique, registre de la commission Bignon. Il avait été pris Outre-Loire après Savenay. Né le 21 février 1768, fils de Pierre Gaborieau et Marie Cosson.
JEAN GIRARD 30 ans RV070 – 70- De Chavagnes, fusillé à Savenay le 26 décembre 1793 par jugement de la commission Bignon. Si son âge n’est pas mentionné, il pourrait s’agir de Jean Girard du Bourg, fils de l’huissier.
PIERRE GIRARD 47 ans RV050 – 50- Sergent huissier, arpenteur et tisserand au Bourg, l’un des chefs des insurgés de Chavagnes, disparu Outre-Loire, à 47 ans. Enquête faite en justice de Paix de Saint-Fulgent le 29 septembre 1817 ; jugement du tribunal de La Roche-sur-Yon, le 5 mai 1818. Né le 24 décembre 1746, fils d’Alexandre Girard, sabotier au Bourg, et Marie Modeste Begaud. Marié le 3 mai 1775 à Ursule Drouin. Les interrogatoires de soldats de Chavagnes pris à Luçon le désignent commandant de la première compagnie ; Thomas Piveteau, dans son interrogatoire à Fontenay en décembre 1793, le dit également commandant des brigands de Chavagnes. Son fils aîné, Jacques Girard, âgé de 17 ans, fit avec lui la campagne d’Outre-Loire, à laquelle il survécut. Son fils Jean, âgé de 16 ans, qui n’existe plus à l’issue de la guerre, est peut-être le Jean Girard fusillé à Savenay.
MARIE-CATHERINE GIRARD née ROGER 33 ans RV134 – 134- Femme de Jean Girard, sabotier au Bourg, tuée au Bourg le 23 février 1794. Archives de la justice de Paix de Saint-Fulgent, 4 nivôse an V. Minutes de Bouron, notaire, 21 germinal an VI. Née le 27 juin 1767, fille de Pierre Roger, meunier à la Bleure, et Marie Bordet. Mariée le 24 novembre 1789 avec Jean Girard. Elle fut tuée avec ses deux enfants Agathe et Pierre.
AGATHE GIRARD (sa fille) 1 an RV135 – 135- Tuée avec sa mère le 23 février 1794 dans le Bourg. Archives de la justice de Paix de Saint-Fulgent, 4 nivôse an V et minutes de Bouron, notaire à Chavagnes, le 21 germinal an VI. Née vers 1792 ou 1793, fille de Jean Girard, sabotier au Bourg, et Marie-Charlotte Roger ; elle fut tuée avec sa mère.
PIERRE GIRARD (son fils) 2 ans RV136 – 136- Du Bourg, tué avec sa mère le 23 février 1794. Justice de Paix de Saint-Fulgent, 4 nivôse an V et minute de Bouron, notaire le 21 germinal an VI. Né le 1er novembre 1791, fils de Jean Girard, sabotier, et Marie-Charlotte Agathe Roger. Tué avec sa mère et sa sœur Agathe ci-dessus.