Place des Martyrs : La Fouchardière et La Grassière

Martyrs et victimes des guerres de Vendée par famille pour La Fourchardière et La Grassière.

La Fourchadière

JEAN DEBIEN 17 ans RV187 – 187- DEBIEN Jean, de la Fouchardière, tué à 17 ans en ce lieu par les Républicains le 9 avril 1794. Registre Roger folio 20. Né au Cormier sans doute, le 22 février 1777, fils de Jean Debien et Marie Guicheteau, venu à la Fouchardière vers 1779.

PIERRE DEBIEN son frère 10 ans RV188 – 188- DEBIEN Pierre, de la Fouchardière, sans doute mort en prison à Nantes, à l’âge de 10 ans. Archives de la Loire-Atlantique, 1877. Né le 17 avril 1784 à la Fouchardière, fils de Jean Debien et Marie Guicheteau. Frère de Jean ci-dessus, il fut sans doute pris le jour où son frère fut tué. Il figure sur une liste d’enfants amenés par la force armée de Montaigu, et qui sont détenus aux Saintes-Claires, liste datée du 7 messidor an II (25 juin 1794). Cet enfant était aveugle.

LOUIS-FRANÇOIS SURGÈRES (de) 53 ans RV051 – 51- SURGÈRES Louis François Samuel de, seigneur de la Fouchardière, mort Outre-Loire, entre Laval et Mayenne, à 53 ans environ. Acte de notoriété devant le juge de Paix de Saint-Fulgent, le 15 thermidor an IV (répertoire). Dictionnaire de Beauchet-Filleau. Il faut observer que ces actes de notoriété sont parfois des faux quand il s’agit d’émigrés décédés en réalité hors de France. Morts en émigration, leurs biens étaient confisqués; au contraire, morts en Vendée pendant l’insurrection, ils se trouvaient amnistiés et leurs parents pouvaient hériter d’eux. C’est ainsi qu’il y a un acte de notoriété attestant la mort à Savenay de Louis René de Surgères (Bouron, notaire : répertoire du 6 messidor an VIII). Louis René de Surgères servait encore à l’armée de Condé. Cependant, pour les deux Surgères portés ici, la généalogie donnée par Beauchet-Filleau confirme les faits. Père de Marie-Charles de Surgères, il habitait Clisson.

MARIE-CHARLES SURGÈRES (de) son fils 17 ans RV055 – 55- SURGÈRES Marie Charles de, de la Fouchardière, tué au Mans en décembre 1793. Acte de notoriété pris en justice de Paix de Saint-Fulgent, le 22 fructidor an X. Jean-Jacques Berthomé, maréchal au Bourg de Chavagnes, atteste qu’il se trouva au combat qui se livra en la commune du Mans sur les 4 heures du soir, avec feu Marie-Charles de Granges de Surgères, originaire de la commune de Chavagnes; celui-ci fut atteint d’une balle dont il est mort à côté de lui à l’instant. Né à Clisson vers 1776, fils de Louis François de Surgères, seigneur de la Fouchardière et Louise Liger.

La Grassière

LOUIS-AUGUSTIN-ANTOINE CHEVIGNÉ (de) 41 ans RV219 – 219- CHEVIGNÉ Louis Augustin de, de la Grassière, commandant en second la division de Vieillevigne, tué au combat de Freligné le 14 septembre 1794, à 41 ans. Né à la Grassière le 24 février 1753, sorti de l’École Royale Militaire, lieutenant au régiment Royal-la-Marie. Louis de Chevigné démissionna peu après son mariage, célébré à Avrillé le 22 avril 1782, avec Marie-Henriette-Pélagie Duchaffault. Il habita d’abord le château de l’Écorce, à Saint-Philbert-de-Bouaine; puis à la mort de son père en 1792, il vint habiter le château de la Grassière. Officier de l’armée du centre (il y a une lettre de lui, datée de Saint-Fulgent 3 avril 1793 : l’original est conservé aux Archives de la Défense, publiée par Chassin, préparation de la guerre de Vendée t.j., 531). Il suivit l’armée vendéenne outre Loire, avec toute sa famille, mais échappa au désastre où périrent ses deux sœurs, sa femme, deux de ses quatre enfants, sa belle-mère, sa belle-sœur; et la tante de sa femme, M. de l’Écorce. Rentré en Vendée, il prit le commandement en second de la division de Vieillevigne, région où il était bien connu pour avoir habité Bouaine pendant une dizaine d’années.

MARIE-HENRIETTE-PÉLAGIE CHEVIGNÉ (de) son épouse née DUCHAFFAULT 32 ans RV224 – 224- DUCHAFFAULT Marie-Henriette Pélagie, femme de Louis de Chevigné de la Grassière, morte à la prison de la Mission au Mans en 1794. Archives de la Sarthe. Son interrogatoire, avec celui de sa belle-sœur Françoise, est aux Archives Nationales, W 22, papiers du général Huché. Née à Boufféré en 1762, mariée en 1782, elle fut prise au Mans, près du Cheval blanc, et périt en prison, de misère ou de maladie, avec deux de ses enfants.

MARIE-OSMANE CHEVIGNÉ (de) leurs filles 5 ans RV225 – 225- CHEVIGNÉ Marie Osmane de, morte à la prison du Mans. Archives de la Sarthe. Née à l’Écorce en 1789, fille de Louis de Chevigné et Marie-Henriette Pélagie Duchaffault. Elle suivit ses parents outre Loire et périt comme sa mère. M. et Mme de Chevigné avaient deux autres enfants, Marie Pélagie, et Louis. Marie Pélagie de Chevigné, née à l’Écorce en 1785, échappa au désastre. Elle épousa M. Urvoy de Saint-Bédan, et habita le château de l’Écorce. Louis de Chevigné échappa aussi à la mort, bien qu’emmené Outre-Loire par ses parents. Il n’avait pas un an, étant né à la Grassière le 10 janvier 1793. On sait qu’il fut recueilli au Mans par une dame Rouillon.

MARIE-HENRIETTE-THÉRÈSE CHEVIGNÉ (de) leurs filles 7 ans RV226 – 226- CHEVIGNÉ Marie Henriette Thérèse de, morte en prison du Mans. Archives de la Sarthe. Née à l’Écorce vers 1787, fille de Louis de Chevigné et Marie-Henriette Pélagie Duchaffault, elle avait suivi ses parents Outre-Loire.

FÉLICITÉ MARIE LOUISE CHEVIGNÉ (de) 43 ans RV228 – 228- CHEVIGNÉ Marie-Louise Félicité de, de la Grassière, religieuse à Luçon, morte en prison de la Mission au Mans. Archives départementales de la Sarthe, et notes de Sorin, tuteur des mineurs Chevigné, Archives de la Vendée. Née à Chavagnes le 15 mars 1751, fille d’Alexandre de Chevigné et Louise Thomasset, sœur de la précédente, Félicité de Chevigné était religieuse au couvent du Petit-Saint-Cyr à Luçon. Venue à la Grassière à la dissolution de son couvent, avec plusieurs religieuses et pensionnaires, Félicité de Chevigné suivit l’armée vendéenne Outre-Loire, et périt à la prison du Mans.

FRANÇOISE CLAIRE CHARLOTTE CHEVIGNÉ (de) sa sœur 42 ans RV227 – 227- CHEVIGNÉ Françoise de, le Bourg, morte à la prison de la Mission au Mans en 1794. Archives départementales de la Sarthe, et note de Sorin. Née à la Grassière le 18 mars 1752, sœur de la précédente, Françoise de Chevigné habita à la Grassière jusqu’à la mort de son père en 1792. Elle se fixa alors au Bourg, avec son frère Isaac Joseph, dans la maison de la Sicaudaye, qui appartenait depuis longtemps à leur famille : ils lui avaient donné ce nom pour rappeler l’origine de leur branche. Elle suivit avec toute la famille l’armée vendéenne Outre-Loire.

ISAAC JOSEPH CHEVIGNÉ (de) son frère 37 ans RV001 – 1- CHEVIGNÉ Isaac-Joseph de. Né à la Grassière le 22 août 1755, frère de Félicité et de Françoise dans ce martyrologe. Il fut l’un des premiers chefs de l’armée du Centre, et fut tué au second jour de l’insurrection le 14 mars 1793, entre l’Oie et Saint-Vincent, à la Guérinière, en s’avançant contre les canons pour entraîner les insurgés hésitants. Il avait 37 ans et n’était pas marié.

LOUIS-JEAN-MARIE, DIT MARIE CHEVIGNÉ (de) 38 ans RV214 – 214- CHEVIGNÉ Louis-Jean-Marie de, dit Marie, officier au corps Royal du génie, blessé mortellement à la sortie de Menin (Pays-Bas) en émigration, le 30 avril 1794. Né à la Grassière le 7 septembre 1756, officier d’une haute distinction, il habitait la Grassière quand il n’était pas à son corps, selon la note de Sorin. Il n’était pas marié.

MARIE-ANNE DROUET 27 ans RV229 – 229- DROUET Marie Jeanne, domestique chez Mme de Chevigné à la Grassière, sans doute morte à la prison du Mans en 1794. Archives de la Sarthe, L 286; et Archives Nationales, W 22 (son interrogatoire en date du 27 frimaire an II, dans les papiers du général Huché). Née vers 1767 aux Essarts, fille de Jean Drouet, tisserand, et Marie-Anne Garnot, domestique à la Grassière depuis 1788 environ.

MARIE-ANNE-ANTOINETTE PROUTIÈRE 38 ans RV230 – 230- PROUTIÈRE Marie-Anne, servante au château de la Grassière, prisonnière au Mans en décembre 1793, sans doute morte en prison. Archives de la Sarthe; et Archives Nationales, W 22 (son interrogatoire, daté du 28 frimaire an II, dans les papiers du général Huché). Il s’agit sans doute de Marie-Anne Antoinette Proutière, née le 9 juillet 1759, fille de François Proustière et Marie Ollivreau. Dans son interrogatoire, elle dit que son père est chez les citoyens, c’est-à-dire en pays républicain : il aurait suivi son fils aîné, Pierre, à Saint-André-de-Cubzac où il était chapelier. Son frère, François Dominique Proutière servit dans l’armée vendéenne ; il était en 1795 major de la Division royale de Montaigu.